Archives par catégories: Arts du livre

Explorations pigmentaires

Ce matin, pour calmer la frénésie d’une semaine haute en émotion, je suis descendue dans l’Atelier des Presses du Bûcher pour explorer la teinture des papiers. Lors de l’impression de gravure en taille-douce, les papiers doivent toujours être mouillés. Je me suis donc demandé si certains pigments qui se trouvaient déjà dans ma maison pouvaient servir à vieillir le papier et lui donner une texture et une coloration particulières.

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La fabrication artisanale du papier

Tout commence par des matières brutes. Du coton, du lin, collectés auprès de fabricants ou de transformateurs de textiles (des entreprises qui font des draps, des vêtements, et qui savent exactement ce que contiennent les fibres qu’ils utilisent). Avant, ce travail était celui des chiffonniers, qui faisaient le tour des arrières-boutiques pour récupérer la moindre retaille de tissu. L’acquisition de cette matières est désormais très compliquée, en raison des fibres synthétiques qui sont souvent mélangées aux fibres naturelles, et qui empêchent l’utilisation de ces tissus dans la fabrication du papier.

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    IMPRIMER le coton à fromage

    Aux Îles-de-la-Madeleine, j’ai fait la rencontre de Paul Livernois, l’ancien propriétaire de ma presse à imprimer. Contrairement aux typographes, voire aux graveurs, Paul, en tant qu’artiste en arts visuels, s’est généralement servi de l’étape de l’impression comme d’un point de départ plutôt qu’un point d’arrivée. Ceux qui cherchent à créer des oeuvres sérielles désirent généralement que chaque exemplaire soit en tout point identique aux autres. Paul, au contraire, imprimait tout et rien, puis il utilisait cette impression comme point de départ à son oeuvre, en la complétant avec de l’encre et de la peinture à l’huile. Dans les prochains mois, je partagerai plus en détail son travail avec vous.

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      Linogravure: un accéléré de l’apprentissage en art

      J’avais envie de partager avec vous cette progression d’une version à l’autre car je trouve qu’elle illustre bien le processus de création littéraire également. On apprend et évolue en explorant, en acceptant de recommencer, de se tromper de chemin en attendant de trouver le bon. Il n’y a pas de pas perdus.

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      • Mirita Rodríguez7 novembre 2021 - 7h46

        Être insatisfait est propre à l’artiste.  Le résultat satisfaisant est accessible à quelques-uns,  mais le bonheur de l’oeuvre achevée est un privilège qui vous appartient. Alléluia!RépondreAnnuler

      Le grand écart

      Au coeur de ces deux projets: l’apprentissage de nouvelles techniques, de nouveaux procédés. Imprimer sur des presses de plus de 100 ans, fabriquer son propre papier, sculpter des dessins dans le linoléum, filmer en stabilisant l’image, enregistrer des pistes audio suffisamment claires pour créer des capsules de qualité: je dois comprendre et maîtriser des langages aux antipodes les uns des autres. Le très mécanique et archaïque d’un côté, le très numérique de l’autre. 

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        Comment on apprend

        De toute évidence, ma pensée se déploie en projets. Après, ce n’est jamais grave si ledit projet ne porte pas fruit, là n’est pas l’enjeu. C’est l’importance d’une «destination» qui émane de ces observations: évidence, je dois avoir une vision dirigée dans ma tête, sentir que j’avance vers quelque part.

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          Le meuble à Giguère

          Pierre Filion, directeur de Leméac éditeur, est aussi un imprimeur artisanal qui a rassemblé l’une des plus grandes collections de caractères au plomb, caractères à la casse et caractères de bois du Québec. Dans le cadre de la formation en impression artisanale que je suis avec lui aux Ateliers du Silence, il a accepté que je le film en train de parler du précieux meuble à Giguère, une bibliothèque de caractère de bois qu’il a acheté de Rolland Giguère voilà plusieurs décennies.

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