La fabrication artisanale du papier

Visite à la papeterie Saint-Armand

Quelques-uns des papiers faits main par les artisans de la papeterie.

J’ai commencé cette semaine une formation en fabrication de papier artisanal auprès de la directrice des papeteries Saint-Armand, Denise Lapointe. L’objectif ultime de cette formation de 40 heures, c’est de créer les papiers sur lesquels j’imprimerai mon livre artisanale «Les Renardes». Mais avant de se lancer dans la production à proprement parler, il faut comprendre toutes les étapes de fabrication, les machineries, les gestes à poser.

Tout commence par des matières brutes. Du coton, du lin, collectés auprès de fabricants ou de transformateurs de textiles (des entreprises qui font des draps, des vêtements, et qui savent exactement ce que contiennent les fibres qu’ils utilisent). Avant, ce travail était celui des chiffonniers, qui faisaient le tour des arrières-boutiques pour récupérer la moindre retaille de tissu. L’acquisition de cette matières est désormais très compliquée, en raison des fibres synthétiques qui sont souvent mélangées aux fibres naturelles, et qui empêchent l’utilisation de ces tissus dans la fabrication du papier.

Les retailles sont classées par couleur et par fibre, dans des barils, puis elles sont déchiquetées grâce à une machine qui agit comme une paire de ciseaux géante. Lorsque cette machine recrache les fibres, elles sont déchiquetées en copeaux d’environ 5cm2. (Exactement comme dans l’image ci-dessus.)

Ces copeaux baignent ensuite dans la petite batteuse (aussi appelée pile hollandaise) qui les réduit en pâte. Avant, les tissus étaient plutôt laissés à fermenter pendant au moins un an afin que la fibre soit réduite en pâte sans mouvement mécanique.

Photo fournie par la Papeterie Saint-Armand

Une fois réduite, la fibre a une texture collante et douce.

Ce procédé préserve les fibres longues du chiffon qui permettent au papier de plier sans craqueler et de résister à des gaufrages profonds. Pour la même raison, après trempage, le papier redevient plat lorsque pressé. Avant la fabrication des feuilles, un additif à base d’amidon est ajouté à la pulpe pour rendre la feuille résistante à l’eau. Cet encollage contrôle le degré d’absorption. Nous utilisons moins d’encollage pour les papiers d’impression mais une feuille de papier à aquarelle sera doublement encollée dans un bassin après sa fabrication pour une résistance maximale.

(Extrait tiré du site de la Papeterie Saint Armand.)

La pâte est ensuite versée dans ces grands bassins qui comptent 90% d’eau pour 10% de fibre. Les moules sont utilisés avec des écrans antiques, parchemins ou vergés, qui donnent leur texture particulière aux papiers. Ils sont plongés dans les bassins et doivent en être sortis en un seul mouvement calme et précis. La fibre est ensuite égouttée puis la feuille (ici, en vert) est posée sur un feutre en vue du pressage.

L’immense sandwich feutre-papier-feutre-papier est ensuite mis à presser dans une presse mécanique qui retire une grande partie de l’eau résiduelle. La pâte qui est pressée devient alors une feuille indépendante qui ne pourra plus, ensuite, se fusionner à d’autres feuilles par des procédés mécaniques.

Les feuilles sont enfin mises à sécher sur des cylindres, elles seront pressées une seconde fois afin d’en faire des feuilles plates, destinées à la vente.

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